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Biocarburants
Les biocarburants sont souvent
considérés comme une alternative durable au pétrole. Afin de remettre les
choses en perspective, j'ai fais le calcul suivant: un adulte en bonne santé
mange typiquement 2200 kilocalories par jour c'est à dire environ 9000
kilojoules. En divisant ce chiffre par 24 heures puis par 3600 secondes, on
obtient la consommation énergétique moyenne du corps humain d'un adulte:
106W. C'est l'équivalent d'une ampoule à incandescence... La France compte
environ 60 millions d'habitants. Cela signifie qu'en terme d'énergie, toute
la nourriture consommée par les français est équivalent à 6 milliards de
watt c'est à dire 6 gigawatts. Curieusement, cela correspond à la puissance
maximale de la centrale nucléaire de Paluel (Seine Maritime). La France est autosuffisante
sur le plan alimentaire (importation de nourriture plus ou moins égale aux
exportations); Cela signifie que si les français s'arrêtaient de manger (c'est
très improbable qu'ils renoncent à leur activité favorite lol), les
biocarburants produits par la totalité des terres agricoles françaises
représenteraient une source d'énergie du même ordre de grandeur que la
puissance électrique produite par la centrale nucléaire de Paluel dont
l'emprise au sol n'est que de 1,5km²...
Peut-être qu'avec les biocarburants de
seconde et troisième génération, on pourrait booster le rendement des
cultures énergétiques et on pourrait arriver à une production d'énergie
équivalente à quelques centrales nucléaires. Même dans ce cas de figure très
optimiste, les biocarburants ne représenteraient qu'une fraction infime des
besoins des français. Les terres agricoles françaises sont parmi les plus
fertiles du monde, la France a une densité de population relativement faible
comparée à ses voisins européens et pourtant l'agriculture française ne
pourra jamais couvrir plus que quelques pourcents des besoins énergétiques de
la France.
Et voici un autre petit calcul que
j'ai fais: La France pourrait facilement produire la totalité du carburant
consommé par son parc automobile. Comment? Tout simplement en appliquant la
méthode brésilienne au département N°973: on rase la totalité de la forêt
guyanaise et on la remplace par de la canne à sucre. Je ne suis pas certain
que les soi-disant écologistes seraient enchantés par cette solution géniale...
Même si on parvient à doper les
rendements énergétiques des champs de maïs, de betterave ou de canne à sucre,
les biocarburants ainsi obtenus ne couvriront jamais qu'une part infime des
besoins. En l'état actuel des choses, les biocarburants ne sont qu'une
chimère qui nous fait perdre du temps dans la recherche d'une véritable
solution alternative au pétrole. En fait, à la lumière de la crise
alimentaire de 2008, les biocarburants dérivés du maïs, de la betterave ou
de la canne à sucre sont bien pire qu'une chimère. C'est potentiellement
l'idée la plus criminelle qui ait traversé l'esprit humain depuis la fin du
nazisme et du stalinisme. Affamer les populations pauvres pour permettre aux nantis de rouler
en voiture. C'est tous simplement obscène et répugnant.
Les biocarburants de 4ème
génération
Cela signifie-t-il que les
biocarburants n'ont pas d'avenir? Pas forcément. Plusieurs entreprises de
part le monde se sont lancés dans des recherches passionnantes afin de
produire du biocarburant de 4ème génération en utilisant des algues ou des
bactéries. Les rendements à l'hectare pourraient être plusieurs ordres de
grandeurs supérieurs aux rendements obtenus avec le maïs, la betterave ou
bien la canne. Qui plus est, la production peut avoir lieu en plein désert ce
qui permet de préserver les précieuses terres arables dont l'humanité a
besoin pour se nourrir. On pourra peut-être ainsi produire des quantité
gigantesque d'énergie sans pour autant risquer de provoquer des famines
meurtrières.
L'un des leaders dans ce domaine est
Craig Venter, le généticien qui a séquencé le génome humain en 2001. Craig
Venter essaye de modifier génétiquement une bactérie afin qu'elle puisse
transformer le CO2 en biocarburant. Vous trouverez davantage d'informations
sur le sujet dans Newsweek
D'autres entreprises telles que
Valcent Products mènent actuellement des recherches fascinantes sur la
possibilité d'utiliser les algues pour produire du biocarburant. Le
rendement serait de l'ordre de 100 000 gallons par acre soit 950 000 litre à
l'hectare. A titre de comparaison, le rendement de l'éthanol produit à
partir du maïs est de 75 litres à l'hectare soit 4 ordres de grandeur plus
faible. Vous trouverez plus de détails
sur
CNN.
Vous pouvez également consulter les deux vidéos suivantes sur Youtube.
http://www.youtube.com/watch?v=8hioZ7C6HLs&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=EnOSnJJSP5c&feature=related
Extraire le CO2 de l'atmosphere
Que l'on utilise des bactéries ou des
algues pour produire du biocarburant, cela implique que l'on dispose de CO2 comme matière
première. Dans un premier temps, les unités de productions de biocarburants
pourront être situées à proximité des centrales au charbon ou des zones
industrielles et pourront ainsi recycler le CO2. Toutefois, dans un second
temps, il faudrait idéalement pouvoir envisager d'extraire le CO2 de
l'atmosphère.
A priori, cela parait tous simplement
impossible. La concentration du CO2 dans l'atmosphère est extrêmement faible:
environ 0,0385%. Cela représente moins d'un demi gramme de CO2 par mètre
cube d'air. Cela signifie qu'il faudrait traiter des milliers de mètres cubes
d'air afin de pouvoir produire ne serait-ce qu'un seul petit litre de
biocarburant...
Aussi surprenant que cela puisse
paraitre, des recherches prometteuses sont actuellement menée dans ce domaine
et il semblerait que l'extraction du CO2 de l'atmosphère sur une grande
échelle soit non seulement techniquement faisable mais qui plus est
économiquement viable. Le U.S. Department of Energy's Los Alamos National
Laboratory étudie la possibilité d'utiliser de la chaux vive pour piéger le
CO2. Ce qui est hallucinant, c'est que le coût pour extraire suffisamment de
CO2 pour produire un litre d'essence serait de seulement 5 cents américain
soit environ 3,5 centimes d'euro; un epsilon indolore comparé au prix du
litre d'essence pratiqué dans les stations services. Vous trouverez plus de
détails sur le site suivant:
Los Alamos National
Laboratory web site.
Liens externes:
Carbon Dioxide Capture and Storage
Using Rock Dust Helps To Control Atmospheric CO2 Buildup and the
Greenhouse Effect
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